Impression managée : réaliser le contrôle trimestriel du parc
Un parc d’impression ne se pilote pas seulement le jour où un équipement tombe en panne. Un rendez-vous trimestriel, court et préparé, permet de reprendre du recul sur les usages, les consommables, la...
Un parc d’impression ne se pilote pas seulement le jour où un équipement tombe en panne. Un rendez-vous trimestriel, court et préparé, permet de reprendre du recul sur les usages, les consommables, la sécurité documentaire et la pertinence des machines installées. L’objectif n’est pas de produire un inventaire de plus, mais de créer un temps de décision partagé par les équipes concernées, avec un responsable désigné et une échéance pour chaque constat.
Préparer un rendez-vous fondé sur des faits
Avant la réunion, rassemblez les informations disponibles sur chaque équipement : localisation, fonction, utilisateurs concernés, niveau de service attendu et incidents récents. Ajoutez les relevés d’usage accessibles, comme les volumes imprimés, les impressions couleur ou les numérisations. Si certaines données ne sont pas disponibles, indiquez-le clairement plutôt que de reconstituer des chiffres approximatifs.
Le contrôle trimestriel compare la situation observée aux besoins réels. Une imprimante installée dans une zone peu fréquentée, un appareil mobilisé par une seule personne ou un équipement régulièrement indisponible méritent une discussion spécifique. Le tableau de suivi peut rester simple : équipement, constat, risque ou opportunité, responsable et prochaine échéance.
Profitez du rendez-vous pour raccrocher le parc d’impression au calendrier du parc informatique. Windows 10 n’est plus supporté depuis le 14 octobre 2025, et le programme payant de mises à jour de sécurité étendues (ESU) s’arrête le 13 octobre 2026. Tout poste ou serveur d’impression resté sous Windows 10 après cette date ne recevra plus aucun correctif : un multifonction récent piloté depuis un poste obsolète reste une faiblesse.
Examiner les usages et les consommables
Commencez par les usages. Quels flux sont indispensables ? Les impressions sont-elles réparties de manière cohérente entre les services ? Certains documents pourraient-ils être consultés ou partagés autrement ? Ces questions ne doivent pas conduire à une interdiction générale, mais à une meilleure adéquation entre le besoin et le moyen utilisé.
Poursuivez avec les consommables. Vérifiez les références réellement utilisées, les stocks dormants, les commandes urgentes et les écarts entre les modèles présents sur site. Un stock maîtrisé facilite la continuité de service et évite d’immobiliser inutilement des fournitures. Lorsque plusieurs références répondent au même besoin, la standardisation simplifie le suivi, sous réserve de préserver les exigences des métiers.
Traiter la sécurité documentaire comme un sujet de conformité
La sécurité doit être traitée comme un sujet d’exploitation, pas comme une vérification séparée. Examinez les droits d’accès, la récupération des documents, l’emplacement des équipements et les pratiques de maintenance. Demandez notamment si des documents confidentiels peuvent rester visibles dans un bac de sortie ou être récupérés par une personne non autorisée.
Ce point n’est plus seulement une bonne pratique interne. La CNIL consacre 50 % de ses contrôles et de ses actions répressives de 2026 à la sécurité des données, et les petites structures ne sont pas épargnées : 32 % des entreprises contrôlées en 2025 étaient des TPE ou des PME. Les manquements relevés restent élémentaires — absence de registre, défauts de sécurité, vidéosurveillance non conforme — et la procédure simplifiée permet des sanctions allant jusqu’à 20 000 €. Un parc d’impression mal cloisonné entre dans ce périmètre dès qu’il traite des documents contenant des données personnelles.
Vérifier l’état technique et réglementaire du parc
Le rendez-vous trimestriel est aussi le bon moment pour contrôler l’état logiciel des équipements et des postes qui les pilotent. Les certificats Secure Boot émis par Microsoft en 2011 ont commencé à expirer en juin 2026, le dernier arrivant à échéance en octobre 2026. Les postes qui n’ont pas reçu les autorités de certification 2023 continuent de démarrer, mais ne bénéficient plus des protections du démarrage sécurisé : gestionnaire de démarrage, listes de révocation et correctifs contre les bootkits. Vérifiez où en est ce déploiement, poste par poste.
Ajoutez enfin le sujet réglementaire à l’ordre du jour. La directive NIS2 concernera entre 15 000 et 18 000 entités françaises, classées essentielles ou importantes, et l’ANSSI met à disposition son Référentiel Cyber France (ReCyF) pour préparer les mesures attendues. Beaucoup de PME découvrent tardivement qu’elles sont concernées, ou qu’un donneur d’ordre régulé va leur répercuter ses exigences, y compris sur des équipements aussi banals qu’un copieur en réseau.
Décider du sort des équipements sous-utilisés
Un équipement peu utilisé n’est pas automatiquement inutile. Il peut répondre à un besoin ponctuel, à une contrainte d’accessibilité ou à une exigence de proximité. En revanche, son maintien doit être expliqué. Comparez son utilité, son état, son coût de fonctionnement et la possibilité de mutualiser le service avec un appareil voisin.
Classez les décisions en quatre catégories : conserver, déplacer, mutualiser ou retirer. Pour chaque option, notez les conditions de réussite : information des utilisateurs, test préalable, accompagnement ou calendrier de remplacement. Cette méthode évite les décisions prises sur une impression et donne aux équipes un cadre lisible.
Conclure par un plan d’action mesurable
Terminez chaque contrôle par trois ou quatre décisions prioritaires. Elles peuvent concerner une réorganisation, une clarification des accès, un ajustement des stocks ou une analyse complémentaire. Le trimestre suivant, commencez par vérifier ce qui a été réalisé, ce qui a changé et ce qui doit être révisé.
La sobriété numérique se joue là, dans des arbitrages concrets plutôt que dans des indicateurs déclaratifs : moins d’appareils sous-utilisés, des consommables mieux gérés, des équipements conservés plus longtemps. Chez METERIS, ce rendez-vous trimestriel devient un outil de pilotage régulier, pragmatique et compréhensible par tous.